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La place de la gare de Basdorf 
s'appelle depuis le 4 juillet 2003 :
 "Georges Brassens Platz"

 
Une plaque commémorative
 
et la nouvelle adresse de la Bibliothèque

Le message suivant a été transmis à Madame Freistedt, Maire de Basdorf et aux autorités de la ville de la part de l'association PASSAGE :
"Chers amis de Basdorf et de sa région,
Georges Brassens ici, à 22 ans, a créé les premières chansons de l'œuvre qui le fera entrer dans le patrimoine culturel de l'Europe qui se construit, donc de l'humanité toute entière. Chez vous Brassens, a, comme en France, fabriqué Brassens. Il a noué des amitiés pour la vie (en particulier avec Pierre Onteniente, Président d'Honneur de notre association).
Son séjour ici restera son plus long hors de France. Les circonstances étaient détestables, il les a détestées, s'en est échappé, mais, ni de lui ni de ses compagnons restés ses amis avons entendu l'expression d'un quelconque ressentiment Georges Brassens a combattu toutes les luttes imbéciles du passé. Son oeuvre nous appelle à aborder ce siècle en choisissant la vie et le respect de l'homme.
La gare et la bibliothèque de Basdorf auront maintenant pour adresse : "Georges Brassens Platz".
Pour PASSAGE, association regroupant des personnes qui, partout dans le monde, croient en la beauté et la valeur de cette oeuvre, c'est un message très fort et très émouvant..
Nous nous efforcerons d'y répondre par le concret.
Vous offrir, chez vous, ce patrimoine et les cinq siècles de poésie, de littérature et de musique qu'il porte.
En attendant, le mot français qu'il convient de toute évidence de vous adresser est : merci !"
.


Wilhem Junglas, Heidi Freistedt, Pierre Onteniente, René Iskin, Georges Boulard - Vaison-la-Romaine 2003
(Photo "Auprès De Son Arbre")

Et, à l'invitation de Madame Freistedt, une "Journée Brassens" a eu lieu
 à Basdorf le 13 septembre 2003

Madame Freistedt a tenu à rendre leur invitation aux organisateurs du Festival Brassens de Vaison-la-Romaine et a organisé cette journée pour eux et pour les de Brassens rencontrés à Vaison.


Georges-Brassens-Platz, devant la Bibliothèque et la gare :
de gauche à droite : Didier Agid, Willy Junglas, Heidi Freistedt, Georges Boulard, Victor Laville, Jean-Yves Vincent, René Iskin, Pierre Onteniente, Jean-Michel Pansard, Gerhart Kirsman (le "jardinier" de Brassens à Crespières) et Lionel Lévêque.

La venue des Français a été préparée avec grande efficacité par Willy Junglas,, qui chante avec talent ses adaptations de Brassens, et avait pris avec Georges Boulard l'initiative de de l'invitation des Allemands à Vaison, où il leur avait servi d'interprète.

La matinée a été consacrée à la visite des baraquements où Brassens et ses compagnons étaient logés. Il se trouve que ces baraquement avaient d'abord été repris par la RDA qui y installa un camp militaire, puis par le Land de Brandebourg qui en fit une école de police. Ce qui explique qu'ils aient été conservés à peu près en l'état. Bien entendu, les jolis bâtiments rénovés ne ressemblent plus guère aux pauvres baraques d'il y a 60 ans. Quant à la ville de Basdorf, agréable banlieue de Berlin, inutile de dire qu'elle a changé de planète.

Grande émotion des deux anciens compagnons de Georges, Pierre Onteniente et René Iskin qui, d'abord déroutés par le nouvel aspect des lieux (Pierre , René), ont fini par retrouver leurs marques , grâce à l'amabilité de nos interlocuteurs allemands venus avec un plan détaillé (émotion aussi pour Victor Laville, lui aussi victime du STO, mais ailleurs en Allemagne). Emotion redoublée dans le bâtiment où Brassens chanta pour la première fois en public. On sait que René Iskin fut le premier interprète des chansons que Brassens avait amenées ou composées à Basdorf. Il put alors, en ce même endroit, en restituer quelques-unes (dont Maman, Papa), accompagné par Jean-Yves Vincent. On visita ensuite l'entrée de l'ancienne usine (désaffectée) où Georges a du faire semblant de travailler, donnant à l'industrie des moteurs d'avion une énergie et un talent strictement inverse à l'énergie et au talent qu'il donnait à la composition. Puis on fit étape à l'auberge du lieu, où les deux "anciens" rencontrèrent par hasard le seul Allemand "d'époque", un monsieur de 92 ans tout étonné d'en revoir, lui qui, en 43, était gardien...

Après un repas offert par la Mairie, une soirée spectacle avait été organisée dans la Bibliothèque... Place Georges Brassens (il y a, sur le mur de la Bibliothèque, une plaque expliquant qui était Georges Brassens). Willy Junglas avait confié l'animation de la soirée à Ralf Tauchmann. Ralf, traducteur professionnel, est un chanteur qui a adapté en allemand de très nombreuses chansons de Brassens. Il vit près de Dresde, il chante Brassens et le fait connaître depuis 1989. Ses adaptations sont le résultat de très longues recherches, sa connaissance de la langue et la poésie françaises est encyclopédique. Ses articles sur le site sont de remarquables contributions aux réflexions sur les problèmes de la traduction de l'oeuvre de Brassens. De plus (c'est un pur hasard), il se trouve qu'il a fait son service militaire... à Basdorf. Ralf et Jean-Yves (qui ne se connaissaient pas avant cette rencontre et n'avaient pas eu le temps de répéter...). 


Jean-Yves Vincent accompagne Ralf Tauchmann

Ralf, entre autres, a chanté sa version allemande de la "Chanson pour l'Auvergnat" , "Lied für den Köhler". Tord Henriksson et René Iskin, ont réussi à produire un spectacle d'excellente qualité. René et Jean-Yves nous ont donné 10 chansons du répertoire "Basdorf", dont "L'Auberge du Bon Dieu" (une chanson que Georges tentera vainement de "placer" à son retour, mais qu'il ne reprendra pas par la suite) et le truculent "Hymne des PAFs" (Paix Aux Français - chanson de marche composée par Georges à la demande de ses compagnons pour les trajets entre les baraquements et l'usine). Jean-Yves nous donna quelques "classiques" comme il sait les tourner, c'est-à-dire bien et fidèlement, Tord chanta quelques adaptation en suédois, dont son fameux et hilarant "Gorille" (Tord a en commun avec le Brassens des débuts ce physique imposant qui crédibilise immédiatement la chanson, ce qui fait que, même si l'auditeur - et le cas est malheureusement fréquent - ne connaît rien de la langue d'Ingmar Bergman, elle garde toute sa puissance rabelaisienne). Willy a une façon très personnelle (très pince-sans-rire) de rendre en allemand les chansons les plus gaillardes qui a enchanté ses compatriotes. Et Ralf, par ses traductions si fidèles, a "fait passer" Brassens : l'émotion, le rire, la tendresse, tout y était.  Un de nos amis de Basdorf , Peter Liebehenschel, à qui ces évènements avaient fait découvrir Brassens il y a seulement quelques semaines, a chanté une chanson-hommage à Georges après avoir eu la gentillesse de nous distribuer sa traduction en français. Bien entendu, les Français se sont fait un devoir de terminer sur un chaleureux "Copains d'abord", repris en choeur et avec coeur. Tout celà devant l'exposition des Amis de Georges, montée (puis démontée) avec la célérité habituelle par Jean-Michel Pansard et Gérard Probert.

Dimanche 14, on célébra l'anniversaire de Pierre Onteniente. On ne doit jamais oublié que sans ce bon Gibraltar, qui fut pendant près de trente ans une garde rapprochée à lui tout seul, sans cet infatigable fidèle d'entre les fidèles, l'oeuvre ne serait pas ce qu'elle est (on imagine l'énergie que l'artiste aurait perdue, empêtré dans la finance dont il se foutait éperdument, grugé par les malhonnêtes, étouffé par les fâcheux... quelle horreur !). Président d'Honneur de PASSAGE et de nombreux festivals et associations, il est toujours là de Vaison à Crespières, de Paris à Basdorf, toujours souriant, toujours à rendre service à ceux qui commémorent Georges. Pierre et Lucienne Onteniente méritent l'admiration et l'affection. Ils l'ont.          .

Voilà. Basdorf a pris sa place avec Sète, L'Impasse, Crespières, Santos-Dumont et Lézardrieux parmi les lieux où il fait bon retrouver la trace de l'ami disparu. Disparu, pas mort !

Merci à Jean-Michel Pansard pour ses photos et ses documents sonores

Retour par Bruxelles, la ville d'André Tillieu et de nombreux admirateurs du Bon Maître. En 1991, l'Institut Supérieur des Traducteurs et Interprètes y avait organisé un colloque "Traduire et Interpréter Georges Brassens" (qui avait fait l'objet d'une publication, maintenant épuisée, mais dont nous avons extrait l'article d'Andrew Kelly). Rencontre avec son organisatrice, Martine Bracops, qui a bien voulu rejoindre l'association PASSAGE..